Il s’est tenu ce Vendredi 16 octobre 2020, de 11h00 à 12h15, par visioconférence et sous la très haute autorité de Son Excellence, Monsieur Denis SASSOU N’GUESSO, Président de la République, Chef de l’Etat, la 11ème réunion de la Coordination Nationale de gestion de la pandémie de coronavirus Covid-19.

Ont été invités à se joindre aux Membres de la Coordination Nationale les Professeurs Fidèle YALA et Antoine Ange ABENA, respectivement président et vice-président du Comité d’experts.

Deux (2) points étaient inscrits à son ordre du jour, à savoir :

- L’examen du 11ème Rapport de la Task Force à la Coordination Nationale de gestion de la pandémie de coronavirus Covid-19 ; 

 - Les recommandations de la Coordination Nationale.  

I/ - De l’examen du 11ème Rapport de la Task Force près la Coordination Nationale de gestion de la pandémie de coronavirus Covid-19.  

Invité par le Président de la République à prendre la parole, M. Gilbert ONDONGO, Ministre d’État, Ministre de l’Économie, de l’Industrie et du Portefeuille Public, Président de la Task Force, a indiqué à la Coordination Nationale que la recrudescence de la pandémie de coronavirus COVID-19 se confirme dans plusieurs parties du monde et principalement en Europe occidentale où certains pays déplorent ce qui apparait comme une deuxième vague de propagation du virus, avec son cortège de mesures restrictives.

Au 14 octobre 2020, le monde comptait plus de 38 millions de personnes contaminées dont 8 millions aux Etats Unis d’Amérique.
Le nombre de décès causés par la Covid-19 à travers le monde a largement dépassé le million.

Il convient de noter que dans les régions du monde où le nombre de contaminations est reparti à la hausse, celui des décès diminue de façon notoire.

A. EVOLUTION RECENTE DE L’EPIDEMIE

Au Congo, le reflux de l’épidémie de COVID-19 se poursuit. Cependant, il faut rappeler avec force à nos populations que L’épidémie de COVID-19 n’a pas encore disparu de notre pays. La maladie continue de se propager à Brazzaville et à Pointe-Noire ainsi que dans certaines localités de l’intérieur du pays.

Aujourd’hui, tous les départements du pays sont touchés. Le département des Plateaux, demeuré longtemps sans cas de contamination, compte à ce jour sept (7) personnes déclarées positives au test de coronavirus COVID-19.

Il convient cependant de noter que le nombre de cas graves et le nombre de décès sont en net recul dans notre pays.
La décélération observée au mois d’août se poursuit à un rythme plus rapide. Le nombre de cas positifs révélés par les cinq laboratoires principaux du pays est passé de 2270 en juillet, à 752 en août et 358 en septembre.

Pendant les dix premiers jours du mois d’octobre, on n’a compté que 81 cas positifs sur 2808 tests analysés par les laboratoires.

Sur la base de ces statistiques, le Congo est à ce jour à moins de 3% (2,88%) de taux de contamination contre 14,7% en juin et 18% en juillet.

Le constat fait au début de l’épidémie reste valable à ce jour : les sujets de moins de 50 ans sont les plus contaminés (3945 sur 5156 soit 76,51%). Cependant, ils meurent le moins de la Covid-19 (33 sur 92 soit 35,87%). Le plus grand nombre de morts dans cette catégorie de la population se situe dans les tranches d’âge de 40-45 ans (13 décès) et de 45-50 ans (8 décès).

Pour les sujets de plus de 50 ans, le taux de létalité est le plus élevé pour les personnes âgées de plus de 75 ans (10 décès sur 53 personnes contaminées).

La Coordination nationale note avec satisfaction que trois départements (Bouenza, Lékoumou et Pool) n’avaient pas de cas actifs de maladie de COVID-19 au 10 octobre 2020.

Cependant, la Coordination nationale est préoccupée par le pourcentage de cas actifs dans les autres Départements de l’hinterland.
La Cuvette compte encore 38 malades sur 54 personnes contaminées. La Cuvette-Ouest en compte 43 sur un total de 55 contaminés (78%) ; la Likouala 15 sur 16 (94%), les Plateaux 7 sur 7 (100%) et la Sangha 70 sur 131 (53%).

La Coordination Nationale note que, jusqu’ici, la gestion rigoureuse et prudente de la riposte par les autorités nationales ainsi que le respect par la population des mesures de restriction en vigueur dans notre pays, ont permis que l’épidémie ne flambe pas au Congo. A cet égard, elle remercie les Congolaises et les Congolais pour leur résilience et pour leur patriotisme. Enfin, elle les encourage à poursuivre, et ce au moment où la situation internationale révèle une accélération de la pandémie au niveau mondial.

B. POINT SUR LES AIDES INTERNATIONALES

Poursuivant son propos, le Ministre d’Etat ONDONGO a fait un point exhaustif sur les aides (dons et prêts) accordées à l’Etat tant par les partenaires techniques et financiers que par certains Etats.

Au 23 septembre 2020, on a comptabilisé 3 milliards 855 millions f cfa de dons reçus au titre de l’aide internationale.

Deux Etats y ont contribué : 216 millions f cfa pour l’Etat du Canada donnés en soutien au CHU et 150 millions fcfa des Etats-Unis, sous forme de dons en nature, en appui à la riposte contre la COVID-19. Le fonds mondial, l’Agence française de développement et la Banque mondiale (à travers son mécanisme de financement d’urgence en cas de pandémie) arrivent en tête des donateurs avec respectivement 825 millions fcfa, 790 millions fcfa et 776 millions f cfa.

L’OMS a fait divers dons au pays (en nature et surtout sous la forme de services) pour une valeur totale de 414 millions f cfa. La Banque de Développement des Etats d’Afrique Centrale (BDEAC) a quant à elle fait un don en espèces à l’Etat de 500 millions f cfa sous forme de contribution au budget de l’Etat.

Les prêts accordés par les partenaires financiers internationaux habituels, et ce en relation avec la pandémie de COVID-19, ou les prêts requalifiés en prêts COVID-19, ont été évaluées à plus de 72 milliards f cfa (72.678 millions f cfa).

Ils viennent pour l’essentiel de la Banque mondiale (54 milliards 500 millions f cfa dont 30 milliards f cfa pour LISUNGI IV et 8 milliards 855 millions pour le projet REDISSE IV) et de la BDEAC ( 15 milliards f cfa).

Selon les indications fournies par le ministère du plan, en charge de la relation avec les partenaires techniques et financiers, le total des ressources attendues (dons et emprunts déjà reçus compris) en rapport à la lutte contre le COVID est projeté à plus de 253 milliards (253.769.673.756 f cfa).

L’aide d’urgence du Fonds monétaire international (FMI) et celles qui suivront ne sont pas prises en compte dans la projection faite par le ministère du plan.

Après avoir pris bonne note de ces données, la Coordination Nationale relève que les moyens financiers à mobiliser pour la lutte contre l’épidémie de COVID-19 demeurent importants. Tout en remerciant les Etats donateurs et les partenaires techniques et financiers, la Coordination Nationale recommande aux autorités compétentes de poursuivre leur action en vue d’abonder l’ensemble des structures de lutte contre la pandémie dans notre pays, afin de poursuivre la lutte, attendue comme victorieuse, contre le coronavirus Covid-19.

II/ – Des recommandations de la Coordination Nationale.

Les recommandations de la Coordination Nationale découlent de l’appréciation du contexte épidémiologie national et de l’évolution de la pandémie à travers le monde.

Ainsi, au titre des nouvelles mesures à prendre, la Coordination Nationale suggère de :

  • Relancer les campagnes de sensibilisation et de prévention pour éviter l’éventuel rebond de l’épidémie, consécutif à la reprise des cours dans les établissements scolaires et universitaires ;
  • Renforcer les contrôles exercés par la Force publique et par les dirigeants de toutes les structures accueillant des personnes, portant sur le port obligatoire et conforme du masque ainsi que sur la distanciation physique ;
  • Renforcer les contrôles, tests et dépistages aux frontières, au départ comme à l’arrivée, et ce avec toute la rigueur nécessaire, afin d’éviter la propagation de la maladie ;
  • S’assurer que la bonne gestion des rentrées scolaire et universitaire, fondée sur les protocoles sanitaires établis, permette d’éviter une flambée de la pandémie dans notre pays et particulièrement au sein de notre jeunesse et des corps enseignant et d’encadrement.

D’autre part, la Coordination Nationale recommande la reconduction des mesures ci-après :

  • proroger l’état d’urgence sanitaire pour une nouvelle période de vingt (20) jours, à compter du 18 octobre 2020 ;
  • maintenir le couvre-feu à Brazzaville et à Pointe-Noire, de 23 heures à 5 heures ;
  • interdire tout rassemblement de plus de cinquante (50) personnes dans les lieux publics et privés, à l’exception des marchés domaniaux et de la participation à une activité autorisée dans le cadre du déconfinement ;
  • exiger le port obligatoire et conforme du masque de protection individuelle ;
  • faire observer partout et par tous les mesures barrières ;
  • limiter à cinq jours (lundi, mardi, jeudi, vendredi et samedi) l’ouverture des marchés domaniaux à Brazzaville et à Pointe-Noire.
  • maintenir la fermeture des boites de nuit et autres lieux de danse ;
  • limiter à la stricte intimité la célébration de tous les événements familiaux dans le respect de toutes les mesures de prévention ;
  • faire exercer les contrôles sanitaires et ceux de la force publique à l’entrée et à la sortie de toutes les villes du pays ;
  • exiger la présentation, à la frontière, d’un test RT-PCR négatif pour tous les passagers au départ du Congo, à l’exception des enfants de moins de onze (11) ans ;
  • exiger la présentation, à la frontière, d’un test RT-PCR négatif de moins de 72 heures pour tous les passagers arrivant au Congo, à l’exception des enfants de moins de onze (11) ans ;
  • interdire les promenades en groupe de plus de trois personnes sur les voies et espaces publics, notamment la corniche et les alentours des stades de Brazzaville ainsi que les bords de l’océan atlantique à Pointe-Noire et dans le Kouilou ;
  • interdire l’installation sur la voie et les espaces publics de chapiteaux destinés à accueillir des personnes ;

• faire limiter à dix (10) le nombre des membres d’une famille appelés à participer à la levée du corps, à la morgue, d’un parent décédé, en voie d’inhumation ;

• faire limiter le nombre de corps à inhumer par jour.

Fait à Brazzaville, le 16 octobre 2020 .

Pour la Coordination Nationale de gestion de la pandémie de coronavirus Covid-19.

Le Ministre de la Communication et des Médias,
Porte-Parole du Gouvernement.

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