Le chimpanzé, le mandrill, le pangolin, le gorille, le perroquet gris et autres espèces animales protégées par la loi ne sont pas des animaux domestiques : leur place est dans la forêt. En d’autres termes, ils ne devraient pas être considérés comme des animaux de compagnie.

En effet, les animaux sauvages peuvent être porteurs de maladies contagieuses et se révéler très agressifs pour l’homme. La covid-19 dont la source réelle n’a jusqu’ici été établie, est fortement soupçonnée avoir été transmise de la faune sauvage aux humains en raison de la proximité et de la grande variété d’espèces animales vendues sur les marchés humides asiatiques, en mutant à travers les espèces pour devenir un nouveau virus chez l’homme. Un virus qui continue de se répandre autour du globe, causant des pertes en vies humaines, saccage économique, panique et confusion. Il n’est donc pas recommandable de capturer et détenir un animal sauvage chez soi encore moins de le manger.

Rappelons qu’au Congo, quatre individus ont déjà été interpellés au cours des deux dernières années pour détention illégale de chimpanzés et de mandrill vivants dont l’un à Dolisie dans le Département du Niari, deux autres à Enyellé dans le Département de la Likouala et un dernier à Ouesso dans le Département de la Sangha. Ces interpellations ont été les œuvres des agents des Directions Départementales de l’Economie Forestière du Niari, de la Likouala et de la Sangha avec le concours des éléments de la Gendarmerie Nationale et l’appui du PALF (Projet d’Appui à l’Application de la Loi sur la Faune sauvage).

Il s’agit là, d’actes réprimandables, quand on sait que dans plusieurs localités du Congo, l’on trouve des panneaux de sensibilisation sur les espèces animales protégées. Panneaux implantés non seulement le long des principales routes du Congo, mais aussi dans les villes et villages du pays, indiquant qu’il est interdit de tuer, de garder chez soi, de transporter, de vendre, de manger ou d’acheter des espèces animales protégées comme le chimpanzé, le pangolin, le gorille, le mandrill… Car, la détention de ces espèces en qualité d’animaux domestiques alimente le braconnage et le trafic dont elles sont victimes. Ce qui sans nul doute contribue à l’extinction de la faune sauvage protégée au Congo ; d’où la nécessité d’une forte sensibilisation et d’une application rigoureuse de la loi en la matière.

Le mandrill détenu en plein centre-ville de Ouesso avait subi deux ans de calvaire. Les chimpanzés saisis au centre-ville de Dolisie et à Enyellé avaient passé 15 ans pour l’un et plusieurs semaines pour les deux autres, en captivité. Celui de Dolisie avait semé un trouble à l’ordre public et causé des blessures aux paisibles citoyens. Animaux sauvages contraints et forcés à rester en captivité alors qu’ils auraient dû s’émanciper sur des milliers de kilomètres dans la nature. Les deux chimpanzés et le mandrill confisqués avaient été confiés aux professionnels des grands singes de la Réserve de Tchimpounga, soutenu par l’Institut Jane GOODALL. Ils avaient reçu des soins appropriés avant de retrouver leur liberté. Notons que de nos jours, l’on trouve encore plusieurs autres espèces détenues par des particuliers, comme le perroquet gris du Gabon. Il est donc invité à toutes ces personnes de les remettre aux autorités compétentes, notamment la Direction Départementale de l’Economie Forestière la plus proche.

En République du Congo, le mandrill, le pangolin, le chimpanzé, le gorille, le perroquet gris… sont menacés de disparition. Ils font partie des espèces animales intégralement protégées, conformément à l’Arrêté n°6075/MDDEFE / CAB du 9 avril 2011 déterminant les espèces animales intégralement et partiellement protégées.  L’article 27  de la loi 37/2008, du 28 novembre 2008 sur la faune et les aires protégées stipule :   «  l’importation ; l’exportation ; la détention et le transit sur le territoire national des espèces intégralement protégées ; ainsi que de leurs trophées  sont strictement interdits». Les contrevenants de ces dispositions encourent des peines allant jusqu’à cinq (5) ans d’emprisonnement ferme et des amendes allant de 100 000 FCFA à 5 millions de FCFA.

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