Dans le cadre du projet « Agir ensemble pour la défense des droits des minorités et des groupes vulnérables », l’association Œuvre Notre-Dame des Veufs et Orphelins du Congo (ONDV&OC) a échangé avec la presse congolaise , le 21 mars 2020 à Brazzaville, sur la situation des veuves victimes de certaines pratiques jugées discriminatoires et portant atteintes à leur dignité. L’objectif général de cette rencontre était de porter le plaidoyer pour demander aux autorités publiques d’adopter et promulguer le projet de loi portant « Code des Personnes et de la Famille ». Un code qui fera que le principe de justice en faveur des veuves, tant mariées coutumièrement qu’à l’Etat civil , soit enfin applicable en République du Congo.

Après avoir mis en œuvre un micro projet intitulé « Sauvons la veuve contre les pratiques ancestrales dégradantes », dans cinq (05) arrondissements du Département de Brazzaville à savoir Makélékélé, Poto-Poto, Moungali, Ouenzé et Talangaï, l’ ONDV&OC s’est dit inquiet et préoccupé suite aux conclusions d’enquêtes d’impact réalisées. Enquêtes qui ont permis d’identifier les problèmes au niveau des femmes en général et les veuves en particulier mariées coutumièrement ou officiellement.

Selon, les membres de cette association, ces problèmes sont une série de traitements dégradants et humiliants que vivent ces veuves, dans leur chair, du fait de la survivance de certains us et coutumes, imputables à la pratique sociale des ancêtres au Congo, pendant le deuil et l’inhumation du défunt mari. Il s’agit entre autres des rituels de séparation entre l’esprit du défunt mari et de la veuve, tels que le Bokwélé ou le Boutoutou (au Nord du pays) et le Muswakasi (au Sud du pays) de ne pas rester seule, d’avoir un rapport sexuel non consenti et non protégé avec un membre de la famille du défunt mari ; acte qui peut l’exposer au VIH/SIDA, aux infections sexuellement transmissibles ou encore à une grossesse non désirée…
Des pratiques qui ne sont plus à encourager actuellement.

Les chevaliers de la plume et du micro…

Au cours de cette rencontre qui a donné lieu à une série de questions-réponses très instructives, l’ONDV&OC a rappelé les efforts déjà consentis au niveau national, avec avec des aspects qui aborde favorablement les questions liées à la veuve notamment le « Code des Personnes et de la Famille » , révisé qui consolide les dispositions de l’actuelle Loi N°73/84 du 17 octobre 1984 portant « Code de la Famille », au Titre XIV sur le veuvage et qui met en avant les articles: 1234, 1235, 1236, 1237, 893, 894, 895 et qui régissent la période de veuvage au Congo et les droits successoraux des veuves mariées coutumièrement. « Le projet pour lequel nous sommes en train de faire le plaidoyer est un projet qui prend en compte les préoccupations importantes lesquelles notre association milite et défend. C’est pourquoi, pour mettre un terme à toutes ces pratiques, il faille impulser la promulgation du projet de loi portant Code des Personnes et de la Famille, qui a pris en compte les lois régissant la période je veux voir sans discrimination aucune », a indiqué l’animateur général de l’ONDV&OC, M. François Xavier Mayouma Mifoundou.

Mettre à contribution les professionnels des médias, mettre en évidence la situation des veuves au travers des actions soutenues par les médias, se donner un arsenal argumentaire susceptible d’impulser la mise en marche d’une stratégie de grande ampleur sur le plaidoyer en instance, mener des campagnes d’informations auprès des cibles du plaidoyer, organiser les conférences de presse et communiqués de presse, diffuser les messages sur les canaux d’Internet, sont autant des objectifs spécifiques du plaidoyer que l’ONDV&OC tend atteindre.
D’où l’apport des médias, pour mener à bien cette tâche de sensibilisation.

Un Code porteur d’espoir…

Pour lui, ce code est porteur d’espoir en ce sens qu’il vient régler les problèmes dégradants et humiliants auquels sont victimes les veuves mariées coutumières ou officiellement. « Nous ne réfutons pas à tort l’ensemble de nos us et coutumes mais nous voulons juste tirer profit du côté positif de ces coutumes ancestrales congolaises et abandonner les antivaleurs afin d’atténuer les souffrances des veuves », a fait savoir François Xavier.

A noter que le collectif Œuvre Notre-Dame des Veufs et Orphelins du Congo appelle l’ensemble des parties prenantes, préoccupées par la problématique, à jouer pleinement la partition pour que le projet de loi portant Code des Personnes et de la Famille soit promulgué et appliqué en République du Congo.

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