Dans le cadre de sa campagne de proximité relative à la sensibilisation sur la lutte contre la corruption et autres infractions assimilées, la Haute Autorité de Lutte contre la Corruption (HALC) a effectué, du 26 au 28 janvier 2023, deux journées d’échanges interactifs axés sur la thématique principale « Non à la Corruption, Oui à la bonne gouvernance ». Conscientes que la corruption paralyse la société, aggrave les injustices, produit les effets néfastes entraînant une totale désarticulation sociale, engendrant par conséquent, les pires violations des droits humains, les populations des villes Ewo et Owando, respectivement dans les départements de la Cuvette-Ouest et la Cuvette ont fortement répondu à l’invitation des cadres de la HALC venus de Brazzaville. Dans ces différentes localités, les différents séminaires sont tenus sous le patronage du Président de la HALC, Emmanuel OLLITA ONDONGO, accompagné de sa délégation.

Après avoir longuement outillé les cadres et agents administratifs, les responsables de la société civile civile et même les acteurs éducatifs dans ces deux (02) départements, les conférenciers de la HALC n’ont pas dérogé à la règle pour interpeller la conscience des uns et des autres, quant aux défis liés à la bonne gouvernance notamment la lutte contre la corruption et de souligner l’urgence de les relever.

De quoi parle-t-on quand on évoque la corruption ? Pourquoi est-ce nécessaire pour toute personne, peu importe le lieu d’habitation, de s’impliquer ? La tolérance zéro ne doit-elle pas s’imposer ? La récréation ne devrait-elle pas prendre fin ? Pourquoi est-il important de mener cette bataille pour l’image du pays en dehors de ses frontières ? Quelles sont les procédures de saisine au niveau de la HALC ? Qui peut la saisir ? Quel est le bilan de la HALC depuis sa création ? Quand est-ce les personnes, connaissant le problème, vont agir ? Comment allons-nous faire pour faire reculer ces antivaleurs ?

« L’ APPROCHE N’EST PAS ACADÉMIQUE. LES ÉTUDES ONT SUFFISAMMENT ÉTÉ FAITES. Il N’Y A PAS DE CONGOLAIS QUI SONT PLUS CONGOLAIS QUE LES AUTRES. LA RÉCRÉACTION DOIT VRAIMENT TERMINÉE. LE COMBAT NE DOIT PAS SEULEMENT ÊTRE CELUI DE LA HALC MAIS DE TOUS. LA HALC SE VEUT UN CENTRE DE RECHERCHE-ACTIONS, UN TRACEUR. LE PARI DE LA HALC, C’EST CELUI DE NOUS TOUS. ON DOIT ÊTRE TOUS UNIS. NE LAISSEZ PAS TOUTE LA RESPONSABILITÉ À LA HALC POUR AGIR. Il FAUT QUE TOUTE LA NATION SE MOBILISE FACE À CE COMBAT », Emmanuel OLLITA ONDONGO, Président de la HALC.

Dans chaque localité, face aux participants, les conférenciers, ont apporté des réponses.

Germain LOUBOTA, Chef de Département de la Propagande, la Sensibilisation et de la Communication de cette institution a jugé satisfaisant les échanges suite à la forte mobilisation des populations qui ont adhéré à ce combat anticorruption. Il a invité ces cadres et toute personne y habitant, de procéder à la dénonciation soit à travers leur site www.halc.cg ou en déposant des plaintes à leur siège officiel. Pour lui, la HALC se donne pour but d’assurer la sensibilisation et l’éducation des citoyens sur les effets néfastes engendrés par la corruption qui a plusieurs formes. « À côté des autres actes de corruption, il y a dorénavant, selon Transparency International, la corruption dite politique qui se traduit par la manipulation politique; celle qui fausse les règles de jeu établies officiellement. Si vous êtes dans la corruption dans son ensemble, la HALC sera sur votre route », leur a-t-il prévenu.

Pour Ruffin BAKOUETANA, Assistant du Secrétaire Général de la HALC, il y a un arsenal juridique qui existe en la matière qui peut constituer le bloc sur lequel le pays peut s’appuyer. La loi n°-2022 du 11 mars 2022 portant prévention et lutte contre la corruption et les infractions assimilées a apporté des innovations : elle apporte un dispositif de prévention des actes de corruption; incrimine, sanctionne; prévoit des mécanismes de coopération judiciaire, de recouvrement des avoir, l’échange d’information qui impose la transnationalisation de la corruption. Elle invite toutes les forces vives à participer ; protège les lanceurs d’alerte ; introduit la collaboration nationale, l’obligation de déclaration de patrimoine à la prise et cessation de certaines fonctions ; institutionalise les organes de gouvernance (HALC, Agence Nationale d’Investigation Financière, CNTR). A l’en croire, il ya des comportements érigés au rang de crime : corruption dans la passation des marchés publics, actes liés à la fausse monnaie, entrave à la justice, escroquerie, délit d’initié.

De son côté Juslain MBONGO, Conseiller Administratif et Juridique du Président de la HALC, a rappelé la HALC a le pouvoir de s’auto-saisir ou ou d’être saisie par le Président de la République le Président du Sénat, le Président de l’Assemblée Nationale sur la base des indices probants ; mener les enquêtes ou investigations sur les faits de corruption, de concussion et de fraude, d’obtenir de toute autorité publique, de toute personne physique ou morale, la communication des informations et des documents dans le cadre des investigations qu’elle entreprend. Ainsi, il est fait obligation à toutes les structures de contrôle d’inspection départementale de communiquer leurs rapports au niveau de la HALC (Inspection Générale et Administrative du Territoire; cf la circulaire du 9 avril 2021). Il y a également la saisine par voies judiciaires: saisie conservatoire, gel des fonds, des biens appartenant à des personnes physiques ou morales. Le président de la HALC peut même solliciter l’interdiction de sortie des personnes en cause. Le Procureur peut saisir par voie administrative: transmission des procès verbaux d’enquêtes ou des preuves matérielles. Il peut aussi saisir le Tribunal Correctionnel. « La HALC, en fonction de ses missions, ne peut prononcer des sentences ni des condamnations », a-t-il fait savoir.

De son côté, Martin DJOUOB, le Chef de Département de la Planification, du Suivi et Evaluation, a souligné que la corruption engage deux (02) personnes : le corrompu et le corrupteur dont au centre se trouve l’agent public. Voilà pourquoi on parle de corruption active et celle passive. « La HALC n’est pas la justice, mais juste un déclencheur de poursuite judiciaire. L’élaboration de la politique nationale anticorruption fera un véritable diagnostic, secteur par secteur; ceci par vous-mêmes et pour vous-mêmes. Seuls, vous qui êtes en mesure de proposer des solutions pour faire réduire la corruption », leur a-t-il dit.

À l’issue de ces journées de sensibilisation et de vulgarisation des textes de référence anticorruption, les populations se sont motivées à mener une bataille sur ces actes qui gangrène la société.

« La mobilisation de tous à cette activité justifie l’intérêt de lutter contre ce fléau ; intérêt qui se rallie à la vision du Chef de l’Etat : celle de combattre les antivaleurs, la pratique de la corruption afin de promouvoir la bonne gouvernance. Il nous revient de s’approprier ces enseignements pour assainir notre environnement de travail ; question de se débarrasser de toutes ses formes. Nous, populations, promettons de capitaliser ces précieux acquis » a déclaré, à Owando, le Préfet de la Cuvette, Jean Christophe TCHIKAYA, jugeant les thématiques développées très édifiantes et pertinentes. Les propos du Préfet de la Cuvette-Ouest (Ewo) Edouard Denis OKOUYA, se sont inscrits dans ce même fil d’idées.
La Haute Autorité de Lutte contre la Corruption dispose d’un numéro vert, le 1023.