Depuis le 06 mars à Brazzaville, une campagne de communication d’information sur le cancer colorectal, couvrant tout le mois de mars dénommé “Mars Bleu”, a été organisée afin de sensibiliser les patients et les populations à la prévention, au diagnostic et aux moyens de guérison. Cette campagne de sensibilisation s’est terminée sur la réalisation de deux (02) journées scientifiques le 29 et 30 mars à Brazzaville sur cette pathologie peu connue du public. A l’issue de ces journées scientifiques organisées par la Société Congolaise de Gastro Entérologie en partenariat avec le Programme National de Lutte contre le Cancer marquée la participation intense et active de plusieurs professionnels de santé, le point de la campagne et l’état de lieux sur le cancer colorectal (CCR) ont été faits avec brio. Point qui permettra, in fine, au corps médical congolais d’avoir à long terme une base de données nationales fiables sur la maladie.

Pour la campagne de sensibilisation, le but était, selon la Présidente du comité d’organisation, d’informer les populations sur l’existence de la maladie au Congo, ses signes de manifestation, ses facteurs, sa prise en charge, ses moyens de dépistage ; maladie souvent confondue au cancer du col (évoqué chez les femmes), aux hémorroïdes, au saignement anal, à la colopathie, à l’amibiase, à la constipation, etc.

« Au Congo, nous n’avons que des chiffres approximatifs de la maladie issus de certaines structures. L’objectif est, qu’à long terme, aussi bien que nous voulons avoir une forte population être informée, avoir des données nationales précises. Donc, pouvoir réaliser des études fiables qui nous permettent d’avoir des statistiques adéquates concernant le nombre de nouveaux cas de cancer au Congo. Pour en arriver là, il nous faut faire le point. Nous allons nous mettre ensemble pour décider des différentes procédures que nous pouvons adopter pour lutter contre le cancer de façon efficace. Mais ensemble », a déclaré la Professeure Agrégée Hepato Gastro Entérologue au CHU-B, Clausina MIKOLELE AHOUI APENDI, Présidente du comité d’organisation.

La présidente du Programme National de Lutte contre le Cancer (PNLC), Pr. Judith NSONDE-MALANDA a apporté un aperçu d’éclairage sur cancer colorectal qui vient en 2è position dans tous les types de cancer. Son risque augmente avec l’âge et dans la plupart des cas surviennent après 50 ans. De nos jours, les patients sont de plus en plus jeunes. Selon l’OMS, rappelle-t-elle, en 2040, la charge de mobilité due au cancer colorectal atteindra 3, 2 millions de cas par an et l’on comptera 1.6 millions de décès par an ; données épidémiologiques qui interpellent à mieux s’informer, à communiquer et à se faire dépister.

C’est dans cette optique que la Société Congolaise de Gastro Entérologie avait initié une campagne pour sensibiliser plus de 4000 personnes dans les hôpitaux (malades, gardes-malades, public) et dans différentes entreprises (employés).

Cet évènement de deux (02) a été l’occasion pour les professionnels de santé d’échanger, de renforcer, de renouveler et de s’armer des connaissances à travers des exposés, conférences, sessions et communications sur plusieurs thématiques, « afin de contribuer à la diminution de l’incidence et surtout de la mortalité précoce dûe au cancer qui affecte la plupart de notre population », a indiqué la Pr. Judith NSONDE-MALANDA , complétée par la Pr. Clausina MIKOLELE AHOUI APENDI qui a précisé : « notre combat sera celui de contribuer à mettre en place les procédures de dépistage de masse, de faciliter l’accès au traitement pour les personnes diagnostiquées et ainsi contribuer à améliorer le pronostic de cette infection ».

Parmi ces communications, on peut citer entre autres : État des lieux du CCR au Congo, dépistage et diagnostic du CCR ; les traitements du CCR ; l’épidémiologie des cancers colo-rectaux ; promotion de la santé et le financement de la lutte contre ce fléau en République du Congo. : Registre des cancers de Brazzaville : l’incidence du cancer colorectal dans la ville de Brazzaville de 1996 à 2021 ; Registre des cancers de Brazzaville: données sur un incidence du cancer à Brazzaville en 2020 et 2021 ; Les tumeurs malignes colo-rectales: état de lieux et perspectives du développement de la recherche dans le service d’anatomie pathologique du CHU-B ; Mortalités liées au CCR dans le service de GEMI au CHU-B ; Tumeurs du colon en occlusion de l’adulte: aspects épidémiologiques, diagnostiques et thérapeutiques ; Investir pour la lutte contre le cancer colorectal : parlons-en ; Dépistage du cancer du colo-rectal quelle stratégie pour les risques proportionnels dans les pays en développement ? Tuberculose péritonéale dans le service de gastro-entérologie au CHU-B : à propos de 44 cas, etc.

« Dans les semaines, mois à venir, nous devons faire preuve d’une coordination sans faille, d’une créativité sans limite et d’une résilience inébranlable. Nous devons surmonter les obstacles, défier les attentes et surpasser les standards établis pour arriver à nos fins. Chers confrères, maîtres et collègues, nous vous invitons à faire preuve d’unité, de solidarité et de collaboration. Ensemble, nous sommes plus forts et plus capables de relever les défis les plus redoutables », a estimé la Présidente du comité d’organisation, Pr. Clausina MIKOLELE AHOUI APENDI.

Au regard de ce cancer en augmentation de fréquence, il est nécessaire, a-t-on appris, concernant les sujets jeunes, d’intensifier la sensibilisation ; d’adapter les critères de dépistage organisé selon les critères et procédures européens pour les adapter au contexte et environnement congolais ; de réaliser des dépistages de masse ; de pouvoir faire de la surveillance de patients surtout dans les familles à risque de cancer colorectal et de réaliser des études au plan national afin de produire des données des différents cas de cancer colorectal.