Dans le cadre de ses actions de sensibilisation et de vulgarisation des textes anticorruption, la Haute Autorité de Lutte contre la Corruption (HALC , en collaboration avec la Planche de Salut des Élèves et Etudiants du Congo (PSEEC), a organisé le 17 février à l’établissement scolaire Nganga Edouard à Brazzaville, une matinée destinée à conscientiser les élèves dudit établissement sur les notions de corruption et fraude en milieu scolaire. Une façon de sensibiliser ce public jeune à l’importance de lutter contre ce phénomène et de dénoncer les auteurs de ces cas en appelant gratuitement le 1023 (numéro vert de la HALC) ou en utilisant le site internet de la HALC.

« Bannissons la corruption la fraude en milieu scolaire » est le thème principal sur lequel Emmanuel OLLITA ONDONGO, président de la HALC et sa délégation ainsi que la présidente de la PSEEC, ont entretenu ces élèves du lycée de cet établissement d’enseignement général, en présence du du Proviseur de cette école. L’engagement des jeunes scolarisés à la lutte contre la corruption et la fraude en milieu scolaire, le caractère nocif ou préjudiciable de la corruption et la fraude, les exemples de fraude, la mauvaise qualité du personnel en lieu de travail et de futurs leaders, les mécanismes de lutte contre ce fléau, la mise en place des points anticorruption dans les écoles (où les victimes peuvent porter plainte ou se retrouver pour des discours), la dénonciation des promoteurs des actes de corruption pour servir de leçon aux autres , l’appel à être des corrruptophobes qui visent la méritocratie et non l’idiocratie, “ Les dispositions légales pour la protection des dénonciateurs et lanceurs d’alerte contre la corruption ”, “ La mobilisation des élèves à la lutte contre la corruption : un droit et un défi en milieu éducatif ” ont constitué la trame des échanges.

A l’endroit de ces élèves, le Président de la HALC a expliqué les missions de cette institution (prévention contre la corruption, la concussion, la fraude et les infractions assimilées) et les pouvoirs de celle-ci qui sont, entre autres, de se saisir d’office ou être saisi par le Président de la République, les présidents du Sénat et de l’Assemblée Nationale sur la base des indices probants. Cette institution mène des enquêtes ou investigations sur les faits de corruption, de concussion et de fraude; obtient de toute autorité publique ou de toute personne physique ou morale la communication des informations et des documents dans le cadre des investigations qu’elle entreprend…

Pour la Présidente de la PSEEC, Esther EGNOUKA, ladite association s’est engagée à accompagner la HALC dans la lutte contre la corruption et la fraude en milieu scolaire. Elle touche élèves et enseignants. « Chers élèves, nous devons tous s’engager dans la lutte contre la corruption car elle porte atteinte à la méritocratie et à nos capacités intellectuelles. Vous avez votre part de responsabilité et les autorités ont également la leur », a-t-elle précisé, appelant ainsi ces élèves à intérioriser le message délivré et à en mettre en pratique.

Existe-t-il un cadre de protection pour les dénonciateurs ou lanceurs d’alerte au niveau de HALC ? Qui peut dénoncer un fait de corruption ? Quels sont les actes ou comportements que je dois dénoncer ? Comment dénoncer ? Que risque-t-on en dénonçant une pratique assimilée à la corruption ? Peut-on dénoncer une pratique en rester dans l’anonymat ? Faut-il avoir des preuves fiables avant de lancer une enquête ou une parole suffit-elle ? A quel moment la HALC saura que la corruption a pris fin ou pas ? Va-t-elle prendre fin oui ou non ? Quelle est la sanction ou la punition prévue pour les auteurs des faits de corruption en milieu scolaire ? Comment sont menées les investigations en l’absence de preuves lorsqu’une dénonciation est faite ? Que faut-il faire pour éradiquer ce fléau ? Y a-t-il confrontation entre l’auteur des faits et la victime qui dénonce ? Après dénonciation, n’y a-t-il pas corrupteurs et corrompus à la HALC ? Les multiples questions posées par les élèves témoignent de leur intérêt accordé à cette problématique.

« N’ayez pas peur de dénoncer les actes de corruption, le trafic d’influence, le harcèlement, auprès de la HALC. Les dénonciateurs, les informateurs, les lanceurs d’alerte, les victimes; bref, toutes les personnes, sont protégées par la HALC à travers sa Loi du 11 mars 2022 ; une protection qui s’étend même aux membres de la famille. On ne risque rien en dénonçant un fait de corruption. La HALC protège l’identité des témoins, des complices et des auteurs présumés coupables des actes de corruption, de concussion, de fraude et d’autres infractions assimilées. Résistez devant ces faits de corruption », a dit Juslain MBONGO, dabs sa communication. En outre, a-t-il indiqué, qu’une dénonciation peut se faire, tout en restant dans l’anonymat.

La corruption concerne toujours un corrompu et un corrupteur.

Devant la loi, les deux sont passibles des sanctions prévues par la Loi. La HALC n’est pas habilitée à prononcer des condamnations. Saisie des faits de corruption après enquêtes, elle envoie les dossiers à la justice pour trancher.

Développant le thème sur la mobilisation des élèves à la lutte contre la corruption en milieu scolaire, Germain LOUBOTA, l’un des orateurs, a fait savoir que la fraude peut-être définie comme l’ensemble des pratiques visant à contourner les règles et lois établies au sein d’une société, à des fins inavouées et personnelles. La fraude, c’est toute violation des dispositions législatives et réglementaires. Pour lutter contre ce fléau, il est nécessaire, selon lui, que les élèves comprennent qu’il faut: organiser régulièrement des campagnes de sensibilisation contre la corruption dans nos écoles (distribuer des prospectus anticorruption, sensibiliser en de petits groupes pendant la récréaction, à la veille des examens, etc.) ; mettre en place des points focaux anticorruption dans toutes les écoles (où les personnes victimes peuvent porter plainte ou se retrouver pour des discussions) ; dénoncer les promoteurs des actes de corruption pour servir de leçons aux autres. Les dénonciateurs ont la possibilité d’appeler gratuitement le numéro vert de la HALC 1023 ou dénoncer en ligne via le site web www.halc.cg .

« La HALC voudrait des ambassadeurs dans vos écoles pour sensibiliser, mais aussi pour renseigner sur tout fait de corruption à votre connaissance. Si vous ne dénoncez pas, la corruption va continuer », leur a-t-il dit, tout en signifiant que leur engagement ne passe que par la sensibilisation qu’ils doivent mener dans leur milieu respectif.

À l’issue des échanges, les jeunes ont pris conscience du danger de la corruption qu’il faille à tout prix combattre. « Tricher n’est pas une bonne chose. Au lieu de s’atteler aux actes de corruption, nous devons tous travailler et dénoncer les auteurs des faits de corruption pour ne pas mettre en péril notre jeunesse, car nous sommes appelés à être des cadres du pays, et donc l’avenir de demain », ont-ils fait savoir.

C’est tout le sens des propos du président de la HALC qui a laissé entendre que « dans un environnement “corruptogène” comme l’école ou notre pays où tout le monde est “corruptophile”, soyons, en adhérant au combat de la lutte contre la corruption que prône la HALC, des “corruptophobes” qui visent non l’idiotie mais la méritocratie ».