L’Action des Chrétiens pour l’Abolition de la Torture (ACAT Congo) et la Fédération Internationale des ACAT ( FIACAT) se proposent, à travers une conférence de presse tenue le 30 aout à Brazzaville 2022, de mettre au centre de préoccupations du Gouvernement la question de la réinsertion sociale des anciens détenus en général et des femmes et des mineurs en particulier dans la société car l’opinion publique congolaise continue à considérer la détention comme un fatalisme supposé et non une opportunité à la rééducation ainsi qu’à la formation. Pour Christian LOUBASSOU, Président d’ACAT Congo, l’objectif est de sensibiliser l’opinion publique congolaise sur la nécessité de considérer la réinsertion ciale comme moyen de lutte contre la récidive et un atout pour les détenus.

La peine de prison vient punir un crime ou un délit et, éloigner un individu dont le comportement présente des risques pour le reste de la société. Mais pour être véritablement efficace, a indiqué le conférencier, cette peine doit pousser à la réflexion, à la remise en question et finalement donner une nouvelle chance à l’individu pour choisir une autre voie lors de son retour à la société.

« Pour mieux faire ce choix, il faut lui offrir la possibilité de le faire en purgeant sa peine, d’acquérir de nouveaux outils pour s’intégrer dans la société. Cette mission de faire respecter ce droit est dévolue à l’administration pénitentiaire dont l’unique mission n’est pas seulement la garde des personnes sous-main de justice mais également, de prévenir malgré ses moyens précaires la récidive et de contribuer à l’insertion ou à la réinsertion par le travail, l’éducation et la formation professionnelle, des personnes qui lui sont confiées par l’autorité judiciaire » a-t-il fait savoir.

Face à la presse, Christian LOUBASSOU a expliqué les concepts de « Personne détenue ; Réinsertion ; Rééducation ». Dans les lieux de détention, l’instruction des analphabètes se doit être obligatoire, il faut qu’une bibliothèque soit mise à disposition, que la formation professionnelle soit donnée aux détenus en priorité aux mineurs et jeunes adultes incarcérés ainsi qu’aux majeurs sans qualification, ni diplôme, notamment les illettrés. « Mais hélas, dans les faits, l’essentiel de ces droits ne sont malheureusement pas respectés et, l’administration pénitentiaire peine toujours à financer ces activités dans ses établissements. Or une réinsertion sociale et économique réussie ne peut que mettre le détenu à l’abri de la récidive et protéger la société. L’absence d’une politique claire de réinsertion fait malheureusement le lit à la récidive et cause un réel problème à la communauté », a-t-il insisté.

L’idéal, a-t-on appris, est que la population congolaise soit informée sur les principes et dispositions encadrant la réinsertion sociale en République du Congo ainsi que les opportunités qui peuvent se présenter à un ancien détenu pour s’intégrer dans la communauté.

A cet effet, a-t-il poursuivi, il faut que le Gouvernement et les collectivités locales s’engagent à développer une politique très efficace de rééducation et de réinsertion sociale de la personne détenue, pendant et après l’incarcération en l’intégrant dans la communauté cet ex détenu et de lui éviter la récidive.

« Pour gagner ce pari, la notion pénitentiaire devrait commencer dès le premier temps de l’incarcération à préparer la personne détenue à la réinsertion sociale dans la communauté. L’aide post pénitentiaire est donc indispensable pour aider le prisonnier à se refaire une vie de manière constructive et positive. Les services d’approbation et les groupes communautaires ou associations de la société civiles peuvent apporter l’aide requise. C’est le moment d’interpeller les acteurs de la société civile afin qu’ils accompagnent l’administration pénitentiaire dans cette politique de réinsertion des ex-détenus », a conclu le Président de l’ONG ACAT Congo.

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