Ce 15 avril 2022 à Brazzaville, la Directrice de cabinet du Ministre de la Promotion de la Femme et de l’Intégration de la Femme au Développement, Nathalie KAKI a procédé au lancement officiel de « l’Offre de services psycho-social, juridique et judiciaire des filles victimes des Violences Basées sur le Genre dans les formations sanitaires de Brazzaville et Pointe-Noire ». Réalisée avec l’appui du Fonds des Nations Unies pour l’Enfance (UNICEF), cette offre s’inscrit dans le cadre de la protection de la fille, et de la mise en œuvre du programme d’actions du Gouvernement au titre de la « consolidation des fondements du vivre ensemble » et du « progrès social pour tous dans la solidarité ».

Dans la société congolaise, les violences basées sur le genre sont de plus en plus visibles à cause de la fréquence de leurs apparitions et des multiples formes qu’elles prennent. D’une manière générale, les VBG, les les actes de violence se multiplient et semblent être normalisés et banalisés du point de vue des sanctions sociales et judiciaires appliquées.

A titre illustratif, dans la ville de Brazzaville, le Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA) a enregistré 103 cas de violences conjugales entre mai et juin 2020. Dans les zones où se déroulent les interventions humanitaires, à savoir le Pool, les Plateaux, la Cuvette et la Likouala, un nombre total de 1120 cas de VBG a été notifié pendant les trois premiers trimestres de 2020 alors qu’on n’en comptait que 1103 pour toute l’année 2019. En 2019, l’étude sur les violences basées sur le Genre et les violences en ligne en milieu scolaire en République du Congo, réalisées par l’UNICEF, a démontré qu’il y avait une hausse importante de l’abandon scolaire des filles au cycle secondaire, notamment à cause des violences basées sur le genre.
 
Dans la présentation dudit projet, Virginie N’DESSABEKA, Directrice Générale du Centre de Recherche, d’Informations et de Documentation sur la Femme (CRIDF) a rappelé que le rapport d’analyse des enfants en situation difficile, produit par le Fonds des Nations Unies pour l’Enfance (UNICEF) en décembre 2O2O, a dénombré 352 enfants victimes de violences basées sur le genre reçus dans les formations sanitaires et les postes de police enquêtés en 2020 à Brazzaville, Pointe-Noire et Dolisie.
 

C’est dans cette optique que l’urgence de renforcer la prise en charge biomédicale, psychologique et juridique des victimes et survivant(e)s des VBG, particulièrement aux femmes et filles, dans les structures sanitaires se fait sentir.

« L’offre de services va porter sur la collecte des données et le référencement des victimes par les psychologues et les juristes dans des structures sanitaires, pour une meilleure prise en charge holistique desdites victimes. Cette offre vise à renforcer les capacités techniques, opérationnelles et humaines des formations sanitaires de Brazzaville (hôpitaux de Makélékélé et Talangaï) et Pointe-Noire (Hôpitaux de Loandjili et Congo Malembé) dans la fourniture de l’offre biomédicale, psychosociale, juridique et judiciaire au bénéfice des filles victimes des VBG », a précisé Nathalie KAKI, avant d’exhorter les psychologues et les juristes à mener activement et avec un intérêt particulier leurs missions, afin que les résultats escomptés soient atteints.

Ce projet, a-t-elle poursuivi, permettra aussi de : créer une base de données relative à la prise en charge  biomédicale, psychosociale, juridique et judiciaire au bénéfice des filles victimes des VBG; assurer l’accompagnement et la prise en charge biomédical, psychosocial, juridique et judiciaire au bénéfice des victimes ; fournir des équipements informatiques aux formations sanitaires en vue d’améliorer le référencement des victimes ; assurer le référencement des victimes dans les structures ; évaluer le niveau de connaissance de la procédure de prise en charge par les témoins ou les victimes.

Au nom de la Représentante de l’UNICEF Congo, Cinthia DOUABELE, Cheffe Education, Protection et Développement des Adolescents/UNICEF Congo, a rappelé que la question des violences basées sur le genre est une préoccupation mondiale majeure qui nécessite l’action de tous dans une approche holistique si l’on veut atteindre des résultats durables, car au-delà de l’adoption de la loi « Emilienne Mouébara » portant lutte contre les violences sexuelles faites aux femmes et aux enfants, le ministère a travaillé également sur la définition d’une Stratégie Nationale de lutte contre les VBG couvrant la période 2021-2025.

« Nous saluons tous ces efforts visant à créer un environnement protecteur des enfants et appelons à continuer le travail de sensibilisation pour une meilleure appropriation de l’arsenal juridique et réglementaire par les communautés » , a-t-elle souligné, avant de réitérer l’engagement de l’UNICEF Congo d’accompagner le Gouvernement dans la mise en œuvre des stratégies et activités visant à mettre fin aux violences faites aux enfants et aux femmes.

Annick Berthe NDAWANA-MIKOLO, Directrice de l’hôpital de référence de Makélékélé, a exprimé sa satisfaction du fait qu’avec le lancement de ce projet, la prise en charge, médico-sociale au départ, a été élargie en intégrant le volet juridique, judiciaire. « Cette fois-ci, avec l’équipe complète, les enfants auront la possibilité de pouvoir s’exprimer et exposer ceux qui commettent ces crimes odieux », a-t-elle indiqué .

Photo de famille.

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