Le Programme National de Lutte contre le Cancer (PNLC), sous les auspices du Ministère de Santé et de la Population, a organisé, ce samedi 23 septembre 2023 dans l’enceinte de son siège à Brazzaville, une conférence de presse afin de lancer la campagne « Septembre en Or » du 20 au 30 septembre. L’objectif étant, avec le concours des chevaliers de la plume et du micro, de mener les activités de sensibilisation et de mobilisation des acteurs étatiques et non étatiques en vue de contribuer à l’amélioration de la qualité de la prise en charge diagnostique et thérapeutique des cancers pédiatriques. « Aujourd’hui, les cancers de l’enfant sont guérissables à 90%, voire même 95%. Lorsqu’un cancer est diagnostiqué chez l’enfant à un stade précoce, la probabilité de guérison est forte. Si le cancer est détecté tôt, il répondra probablement mieux à un traitement efficace, les chances de survie seront meilleures […]. Lorsque le stade est avancé, les chances de guérir et de s’en sortir de cette maladie sont également diminuées. A la différence des autres types de cancers, ceux pédiatriques sont très sensibles à la chimiothérapie. En règle générale, ils ont un meilleur pronostic de guérison », laisse entendre la Pr. Judith NSONDE MALANDA, Directrice du Programme National de Lutte contre le Cancer.

En République du Congo, malgré les efforts fournis, force est de constater que chez l’enfant, la mortalité par cancer reste très élevée. D’après le plan stratégique de Lutte contre le Cancer 2022-2026 adopté, les enfants de 0 à 11 mois et les femmes en âges de procréer (FAP) représentent environ 20% de la population; les adolescents, représentant 21,4% de la population et les jeunes de 20 à 24 ans 31% entre 2020 et 2030. Le Congo-Brazzaville va chaque année enregistrer 190 à 300 nouveaux cas de cancers pédiatriques (0-15 ans) par an, et ce nombre va doubler vers 2050 (prévisions).

Face aux professionnels des médias de toute catégorie (presse numérique, écrite, audio-visuelle), l’occasion était pour la conférencière de mettre en lumière les nouvelles perspectives dans la lutte contre les cancers de l’enfant. Un cancer peut survenir à tout âge et toucher n’importe quelle partie de l’organisme. A l’en croire, il existe divers types de cancers de l’enfant en République du Congo qui sont les plus fréquents, à savoir : le retinoblasme, le néphroblastome, le lymphome de burkit, la leucémie, l’ostéosarcome, la maladie de Hodgkin. Parmi les signes d’alertes des cancers de l’enfant, figure : la tâche brillante dans l’œil “miroir dans l’œil” ; l’augmentation du volume de l’abdomen ou une autre partie du corps ; la présence du sang dans les urines ou la salive, écoulement nasal ; les dents qui bougent anormalement, douleurs osseuses ; l’amaigrissement inexpliqué, l’anémie ; les frissons, fatigue, fièvre au long cours ; l’enfant grognon, recroquevillé, refusant de jouer, pale.

Certes que les traitements des cancers sont assez coûteux, n’empêche que les populations soient édifiées, pour que les enfants comme cibles principales, soient amenés à se faire prélever avant de recevoir un potentiel traitement. La plupart des cancers de l’enfant peuvent être guéris grâce aux médicaments génériques et à d’autres formes de traitement, dont la chirurgie et la radiothérapie.

« Notre soucis, en passant par vous, c’est de diffuser ou relayer l’information, c’est-à-dire de faire une campagne médiatique autour de ce sujet important », s’est adressée la Directrice du PNLC aux journalistes, sollicitant, par ailleurs, l’implication et la participation de tous (pouvoirs publics, ONG et associations, société civile, partenaires nationaux et/ou internationaux) pour les accompagner dans cette lutte ; « question d’essayer de donner l’espoir de vie, l’espoir de guérison, le soutien aux parents, aux familles qui ont des enfants malades de cancers, pour qu’ils ne désespèrent aucunement sur la vie de leurs enfants », a-t-elle déclaré.

Répondant certaines questions, la Pr. Judith NSONDE MALANDA a rappelé que dans le cadre de la prise en charge des cancers pédiatriques, un certain nombre d’hôpitaux accueillent les enfants atteints de cancer, mais il n’existe qu’une seule unité devenue opérationnelle en 2019, l’Unité d’Oncologie Pédiatrique “Calissa IKAMA” de l’Hôpital Général Adolphe Sicé de Pointe-Noire, mais le souhait est qu’il y ait d’autres unités de ce genre au Congo.

Ainsi, selon elle, on ne peut pas décider de traiter un cancer si on a pas fait au préalable un prélèvement qui sera envoyé au laboratoire dont ce dernier donnera confirmation pour amorcer le traitement. « Quand on parle de diagnostic précoce, c’est pour donner les chances de guérison à la personne malade de cancer », a-t-elle évoqué.

Les données actuelles semblent indiquer que les causes des cancers sont souvent liés aux comportements adoptés par les mamans pendant la grossesse (fréquentation des lieux toxiques à forte radiation chimique, consommation d’alcool, du tabagisme, d’alimentation des produits nocifs, etc).

« Il faut qu’on améliore la prise en charge des enfants atteints de cancer qui, dans la plupart des cas, nous quittent dans une situation désagréable. Les malades du cancer ne doivent pas être laissés en marge. Si on arrive à poser le diagnostic précoce de la maladie, donnez le l’espoir à tout congolais, à tout enfant atteint de la maladie, sans pour autant qu’on entende ou vive des divisons au sein des familles sous prétexte que la maldoe aurait une connotation surnaturelle ou liée à la sorcellerie. » , a dit la Directrice du PNLC, Pr. Judith NSONDE MALANDA.

Dorénavant, à chaque période du mois de septembre, seront menées par le PNLC des activités de lutte contre le cancer de l’enfant.