Semaine Internationale de la Francophonie: Des causeries-débat initiées par le Bureau national de l’AUF Congo-Brazzaville

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La Journée internationale de la Francophonie est célébrée le 20 mars de chaque année. A l’occasion de cette commémoration, il est organisé du 18 au 26 mars 2023 à Brazzaville, la Semaine Internationale de la Francophonie par le Bureau national de l’Agence Universitaire de la Francophonie (AUF) Congo. En date du 20 mars à Brazzaville, des échanges en tables-rondes ont mis à l’honneur des éminents professeurs, docteurs, étudiants et invités autour de la langue française partagée par plus de 321 millions de locuteurs du monde entier. Ce rendez-vous est l’occasion de célébrer la langue française dans toute sa diversité et sous toutes ses formes.

La francophonie désigne l’ensemble des personnes et des institutions qui utilisent le français comme langue de première socialisation, langue d’usage, langue administrative, langue d’enseignement. Au programme de cet événement, deux (02) tables-rondes ont constitué l’ossature des échanges.

La première sur « La langue française au Congo » animée par le Professeur Edouard NGAMOUNTSIKA, Responsable du Bureau national AUF-Congo ; le Professeur Arsène ELONGO, Chef de parcours Lettres et Sciences du langage à la la Faculté des Lettres, Arts et Sciences Humaines (FLASH)/Marien-NGOUABI et du Professeur Alain LOUSSAKOUMOUNOU, Chef du parcours-type Français à l’Ecole Normale Supérieure. La deuxième table-ronde axée autour du « Corpus du Français parlé en République du Congo ». Le Pr Edouard NGAMOUNTSIKA, le docteur Lionel KINDZIALA-KINDZIALA et les doctorants Dorcas MOUITI MONDELE et Rolf NGONO MALANDA ont été les différents animateurs.

« La langue française n’est plus la langue du colon mais une langue congolaise et que nous nous sommes appropriés cette langue à travers les emprunts, les changements sémantiques des mots. Dans la deuxième table ronde, nous avons montré comment on constitue une base de données francophone, comment on peut vérifier le français tel qu’il est parlé à Brazzaville, à Pointe Noire; bref, au Congo. Cette base de données a été créée grâce à un appui que nous avons reçu. Le français que nous parlons, nous devrions nous l’approprier parce que c’est notre univers et patrimoine commun. Elle cohabite et fonctionne avec les langues nationales », a expliqué le Responsable du Bureau national de l’AUF Congo-Brazzaville, le Pr Edouard NGAMOUNTSIKA.

Si le français s’est congolisé et qu’au grand malheur de certains, certains interlocuteurs congolais ne peuvent s’empêcher de faire une phrase en langue locale sans utiliser un mot français. On parlerait également de l’utilisation des phrases souvent considérés comme anormales et même l’utilisation des écarts de la langue française. Il s’agit, à titre d’exemple de “ Le courant et/ou l’eau est partie ; “ Catiser la route” ; “ Vas acheter tonton le pain ” “Achète-moi deux nzenga (Manioc)”.

Certains conférenciers ont également montré les limites et les difficultés de la transcription dans la constitution de cette grande base de données, qui est une première en Afrique. Selon le Pr Edouard NGAMOUNTSIKA, 1 heure de transcription équivaut à 15 heures de travail. « La langue française est donc une langue congolaise. Voilà pourquoi, l’AUF qui a le plaisir de vous accueillir ici, prône le plurilinguisme, c’est-à-dire qu’il y a la langue française et les langues africaines, congolaises » a-t-il souligné.

Au terme des échanges jugés fructueux, les participants et participantes ont dit leur satisfaction. « Les thématiques abordées nous ont permis d’apprendre un peu plus. On a parlé du rapport de nos langues maternelles et la langue française, de l’impact de nos langues maternelles et vice versa. A cet effet, il doit y avoir corrélation entre les deux langues. Dans ce sens, le français n’est plus que la langue de la France mais une langue parlée dans plusieurs pays », ont estimé Formelle POUNGUI et Émane M’PEHO-MILANDOU, célébrant avec faste cette journée internationale.