Le 25 mars dernier, l’État gabonais lançait officiellement la campagne de promotion des Valeurs du Trésor du Gabon pour l’année 2024 dans la sous-région CEMAC (zone CEMAC). Une campagne qui vise à mobiliser, à terme, des financements importants pour la réalisation des projets contenus dans le Plan National de Développement pour la Transition (PNDT). « Cette année (2024), c’est une somme globale de 854 milliards de FCFA que le Gabon compte mobiliser au titre des Bons du Trésor Assimilables (BTA) et des Obligations Assimilables du Trésor (OTA). Nous comptons naturellement sur les investisseurs congolais… », annonçait le Ministre des Comptes Publics du Gabon, Charles M’BA, le 30 mars 2024 à Brazzaville lors de la présentation de la stratégie annuelle des Valeurs du Trésor, exercice 2024, le 30 mars à Brazzaville en République du Congo. Cérémonie marquée également par la présence du Directeur Général de la Dette, Jean Gaspard NTOUTOUME AYI et du Directeur Général de la Comptabilité Publique et du Trésor, Luther Steeve ABOUNA YANGUI et d’autres personnalités.

Dans sa présentation, le Ministre des Comptes Publics du Gabon a précisé que toute la somme collecté va servir, dans le budget de l’État, à poursuivre les objectifs de la politique sociale et aussi sur les investissements des projets retenus par le Comité pour la Transition et la Restauration des Institutions (CTRI) cette année.

« Globalement, nous voulons emprunter 854 milliards de FCFA sur le long de l’année 2024 », a indiqué le Ministre gabonais Charles M’BA, qui a dit compter sur l’accompagnement des investisseurs congolais (investisseurs, bailleurs, banquiers, entreprises, assurances et même le public). L’intérêt de ces derniers pour les Valeurs du Trésor, relève-t-il, s’illustre bien dans le fait que l’État congolais détient l’encours le plus important sur ce marché ; « c’est une preuve de dynamisme qui nous permet d’espérer une plus grande implication dans les titres du Gabon », a-t-il souligné, tout en justifiant le choix de la sous-région pour cette émission d’emprunt du fait d’avoir une monnaie commune qui ne va pas occasionner de risque de change.

Prenant tour à tour la parole, Jean Gaspard NTOUTOUME AYI et Luther Steeven ABOUNA YANGUI, ont présenté le contexte budgétaire 2024 et la stratégie d’endettement pour l’année en cours et l’activité d’émission des titres publics en 2023 avant de décliner la stratégie d’émission des valeurs du Trésor en 2024 ainsi que le programme qui en découle.

Concernant le contexte budgétaire cette année, partant des principales hypothèses macroéconomiques, il a été signifié qu’en 2024 l’activité économique nationale devrait s’améliorer à un taux de 3,0%. Cette performance s’expliquerait par le raffermissement des secteurs primaires de 3,5% (contre 1,8% en 2023) et tertiaire de 2,7% (après 2,4% en 2023). En revanche, le secteur secondaire ralentirait de 2,5 points pour s’établir à 2,5%.

A propos de la Stratégie d’endettement de l’État en 2024, il ressort que « le taux d’endettement du Gabon demeure encore en deçà de la norme communautaire de 70% » parce que sa situation présente un taux d’endettement de 54,6 % du PIB ; un service de la dette équivalent à 53, 1% des recettes budgétaire ; une maturité moyenne du portefeuille global à 4,2 ans et une dette fixe représentant respectivement 81,9% du stock total de la dette.

En outre, l’État du Gabon en 2023, à travers le Trésor Public, a procédé à deux opérations de syndication domestique dont la première s’est déroulée le 05 avril 2023 pour un volume de 150 milliards de FCFA et la seconde le 29 novembre 2023 pour un volume de 153 milliards de FCFA.

Les OTA : en 2023, les souscriptions ont atteint 520 milliards 595 millions de FCFA contre 445 milliards 083 millions de FCFA sur l’exercice précédent, soit une augmentation de 16.96%.

Les Bons du Trésor Assimilables (BTA). Titres émis pour les durées de 13, 26 et 52 semaines, dont la valeur nominale est fixée à 1 millions de FCFA et dont les intérêts sont précomptés à chaque opération. Les Obligations du Trésor Assimilables (OTA). Titres émis pour les durées supérieures ou égales à 2 ans, pour une valeur nominale de 10.000 FCFA et dont les intérêts sont payables annuellement.

Conscient d’avoir été accompagné dans les 6 534 milliards de FCFA levés ces dix dernières années grâce aux investisseurs congolais, l’État gabonais, par la voie de son Ministre des Comptes Publics, a souhaité que « ces derniers continuent de faire confiance à la République du Gabon dont les titres et la signature, jusqu’à présent, marchent bien ».

Le Gabon poursuivra sa politique des nouveaux emprunts extérieurs préférentiellement à termes semi-concessionnels…